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jeudi 23 juin 2011

Utna le Sungae

L’Empire d’Algorka est, nous l’avons dit, la terre d’asile par excellence. Y sont accueillis ceux qui, pour une raison souvent douloureuse, ont dû quitter leur mère patrie. S’y installent ceux qui rêvent d’un avenir meilleur.

Mais peut-on réellement dire cela d’Utna ? Certes, la raison de son départ n’a rien de drôle, bien au contraire. Un serment en est la cause, celui de retrouver sa fille Léoténis. Et chez les Sungae, on ne plaisante pas avec le serment. On l’accomplit, ou on meurt en tentant de l’accomplir, il n’y a pas d’autre alternative. Et pourtant, son installation en Algorka est tout à fait fortuite, elle ne signe pas la concrétisation de son souhait, elle ne traduit pas le besoin de s’installer définitivement, elle n’est en quelque sorte qu’un remerciement.


illustration provisoire

Sa vie chez les Sungae n’était pas des plus évidentes. Il se sentait différent, sa nature curieuse l’éloignait de ses semblables, attachés aux choses simples, ne cherchant pas d’explication aux phénomènes incompris. La rencontre d’Etha, une étrangère, changea cependant tout pour lui. Elle était comme lui, sa compagnie lui était douce, et pourtant... Celle-ci finit par partir, vers l’ouest, ne laissant derrière elle qu’un message indiquant le nom de leur future fille. C’est ainsi que la fuite d’Etha-Léoténis (pardon) contraint notre pauvre ami à partir à sa recherche.

C’est sur les terres d’Algorka qu’Utna fut sauvé d’une attaque de Craptak qui aurait dû avoir raison de lui. Son sens inné des valeurs lui interdit de repartir sans remercier le peuple qui l’a soigné avec tant d’affection. On le voit bien lorsqu’un lapsus lui fit malencontreusement prononcer le mot “papa” à la place d’Hetoria. Il se voit donc bloqué en Algorka par un 2e serment, celui de remercier la population pour sa générosité. Et un remerciement, chez un Sungae, c’est un long processus. Il ne repartira pas avant d’avoir eu la certitude d’avoir rendu service à chacun d’entre nous.

La vie en Algorka n’est pourtant pas incompatible avec la recherche de sa fille. Peut-être, qui sait, se cache-t-elle sur nos terres ? C’est toutefois fort peu probable, nous l’aurions su, d’une façon ou d’une autre. Mais le fait qu’ici, beaucoup d’entre nous aient gardé contact avec leur pays d’origine donne à Utna beaucoup d’intermédiaires à qui adresser ses requêtes. Peut-être l’Ambassadeur de Norrie pourra-t-il faire quelque chose ? Et si l’Algork’Club entraînait la fondation de nouvelles ambassades, ce seraient là autant de nouvelles sources fiables d’informations. Il y a donc moyen de concilier ses deux promesses, et on lui souhaite de réussir dans l’une comme dans l’autre, bien qu’égoïstement, nous aurions plutôt intérêt à faire en sorte qu’il nous remercie le plus longtemps possible.

Il a d’ailleurs une théorie des plus originales pour expliquer l’explosion du Craptak qui l’a immobilisé ici. Je me contenterai d’ailleurs de citer ses propos, auxquels je n'ajouterai que le strict nécessaire à la compréhension :
“Voyez vous, cher Zhuitre, que je respecte profondément comme nous tous ici*, nous pensons que le cosmos est régi par des esprits : ceux de nos ancêtres, ceux des animaux comme nos amies les huîtres par exemple*, des roches et des rivières ... Les Craptaks sont les messagers de ces esprits. Ils délivrent des messages d'un genre bien particulier pour donner aux mortels la chance de parfaire leur existence, ou pour mettre fin à celle-ci. Nous pensons que les Craptaks se nourrissent de nos émotions les plus primaires : la haine, la peur, la jalousie, la cupidité, l'orgueil, ... Il est dit qu'un jour, si un Craptak est rassasié de ta cupidité, il te retrouvera où que tu sois et emportera tes coffres en explosant. Un Craptak bouffi d'orgueil détruira ta maison, les haineux te blesseront pour réfréner tes ardeurs, ainsi de suite, ... Ce qui explique, cher Zhuitre, que vous soyez globalement épargné par eux*. Dans mon propre cas, je crois qu'un Craptak s'est nourrit de mon épuisement, et m’a obligé à faire une halte en Algorka. Est-ce un signe des esprits ?”


C’est ainsi qu’Utna s’est lancé avec enthousiasme dans la vie algorkienne. Et la meilleure façon de nous remercier n'est-elle pas de nous donner la possibilité de nous divertir ? D’où l’idée de cette magnifique salle de concert que l’on voit se construire en ce moment même. Et d’où cette envie de devenir Organisateur des Evénements à l’Assemblée. Jamais un simple “merci” n’aura été si constructif !

* rajout d’éléments nécessaires à la bonne compréhension de la citation.

Zhuitre, pour les Chroniques Algorkiennes.

jeudi 16 juin 2011

Sergueitov le Russe


Nous avons parlé du peuple algorkien. Nous en avons dit qu’il est cosmopolite. Nous avons ajouté que ce peuple est l’addition d’individus aux caractères hauts en couleurs
.


Ce n’est pas l’article de ce jour qui contredira le postulat de départ. Et pour cause ! Vous allez aujourd’hui tout apprendre sur le docteur Yuri Illitch Sergueitovich Ivantchenko* ! Et quand je dis tout, c’est tout*. Sans exception aucune*.


Ici, les gens le surnomment “le Russe”, et le voient comme un savant fou, ou comme un véritable génie, ce que lui-même ne niera pas. D’autres encore voient en lui l’un des grands hommes qui a contribué à la création du tunnel troglodyte. Mais osons passer outre ces stéréotypes, et regardons au-delà... Nous y découvrirons un passé riche et houleux, qui explique bien des choses...

Son pays natal est la Russka, devenue le Voron sous l’influence du Général Yuritovitch, un dictateur bien pire que l’Empereur Hetoria (qui n’en est d’ailleurs pas un (de dictateur (ou alors, raisonnablement))). Nous nous en doutons, le pouvoir exercé par le Général Yuritovitch repose sur l’armée, d’où cette méfiance que nous connaissons de notre camarade Sergueitov envers les militaires. “J’ai toutefois confiance en Ronenko”, précise-t-il tout de même, ne voyant pas en lui une menace, mais bien une protection.

Vivre dans le Voron n’était pas compatible avec les idées de Yuri Illitch. Il ne lui a pas été trop difficile de le quitter discrètement, prétextant son intention de devenir ambassadeur à l’étranger. Ce n’était qu’un stratagème pour prendre de l’avance, partir en toute liberté, dans l’un des bateaux qu’il a lui-même conçu, le plus rapide d’entre eux.

Car oui, avant d’être le scientifique que nous connaissons aujourd’hui, notre camarade Sergueitov était architecte, et concepteur de bateaux de guerre pour le Voron. C’est ce même métier, via la découverte du potentiel explosif d’une substance appelée Viton, qui l’a mené à s’intéresser plus à la recherche fondamentale. Sa fuite fut d’ailleurs le théâtre d’un accident regrettable. Un sabotage réalisé pour assurer ses arrières tourna mal, et une explosion terrible eut sur lui un effet pour le moins inquiétant : elle le déshiniba complètement, ce qui abolit chez lui toute notion de danger (mais n’est-ce pas là la plus grande qualité chez un scientifique ?).

Son arrivée en Algorka ne se fit pas sans heurts. Son escapade avait été découverte, ce qui lui valut d’être attaqué en mer et de perdre son équipage. Il parvint cependant à semer ses poursuivants, en passant par des détroits gelés peu praticables, dans lesquels il s’échoua... C’est ainsi qu’il débarqua, peu après, dans les terres de l’Empire.

Ici, la vie lui plaît. La confiance que l’Empereur lui octroie lui permet de mener à bien ses activités de recherche. Il se permet d’ailleurs une boutade mettant en parallèle Hetoria et la Perestroïka, ce qui est révélateur de son sentiment de liberté ici en Algorka. Il n’a pas abandonné son intérêt pour l’architecture pour autant, et travaille, avec son entreprise, sur des projets colossaux (le tunnel troglodyte en est l’exemple principal, mais nous pouvons aussi citer le pont vers l’arène...). Il se dit d’ailleurs prêt à bâtir cet immense plafond de cobblestone au-dessus de la ville, que la population appelle de ses voeux. Cette population, il se sent en phase avec, et y trouve tout un vivier de talents plus ou moins jeunes qui l’aident au quotidien dans ses expériences.

Certes, le niveau technologique de l’Empire est moindre que celui du Voron... Mais en contrepartie, la faune locale riche en Craptaks est dotée d’un intérêt introuvable dans son ancienne patrie... Elle sécrète une substance au pouvoir infiniment plus explosif que tout ce qu’il avait pu voir jusqu’ici ! Ce qui, nous n’en doutons pas, doit donner lieu à des expériences dans lesquelles nous ne voudrions pas être impliqués.

C’est pourquoi, mes amis, vous avez bien fait, tout comme moi, de voter en masse pour lui lors des précédentes élections, et d’ignorer les possibles contradictions entre les termes “grand sage” et “savant fou”. Il ne peut en sortir que du bon !

Maintenant que vous savez tout*, je vous dit Orka, chers lecteurs, et à bientôt !

* A l’exclusion des quelques informations dont la divulgation mettrait ma vie en danger.

Zhuitre

vendredi 10 juin 2011

Le peuple algorkien - introduction

Algorka. Ce nom aux sonorités enchanteresses est désormais celui d'un Empire prospère. Ce ne fut pourtant pas toujours le cas. Malgré son jeune âge, les origines de ce pays sont encore bien floues. Il semblerait pourtant qu'il tienne son nom d'un animal mythique lié à l'Empereur Hétoria, son glorieux fondateur et actuel souverain. Un animal noble et mystérieux, un griffon peut-être, ou un cerbère, à moins que ce ne fut un porc (les écrits restent flous sur la question).

L'Empire d'Algorka a désormais 15 ans, et un avenir prometteur en perspective… Ce qui nous mène à la question que nous nous posons tous : D'où vient donc sa si précoce prospérité ?

La réponse tient en un mot (toutefois précédé d'un article défini) : la diversité.

Promenons-nous dans les rues animées de la capitale, et observons. Que voyons-nous ?
Des Algorkiens de souche ? Issus d'une longue lignée de purs Algorkiens ? Avec un air de famille déconcertant ? Touchés pas des maladies dûes à leur forte consanguinité ? Méfiants à l'égard de l'étranger, de la nouveauté, du modernisme ?

Eh non, c'est une foule cosmopolite qui s'agite dans les artères de la ville, des hommes, des femmes et des êtres aux origines diverses, ayant pourtant un point commun : la volonté de faire d'Algorka une terre d'asile, un havre de paix vers lequel continueraient à converger des populations en quête de renouveau, de protection, d'avenir radieux.

C'est ainsi que l'Empire s'est développé, et ce n'est qu'ainsi qu'il conservera son dynamisme.

Et pour nous en convaincre, les prochains articles de cette chronique se pencheront vers ce peuple algorkien, vers l'individu. On y apprendra mieux son passé, sa façon d'envisager l'avenir en Algorka, sa perception de la vie en communauté, on se distraira des récits de son quotidien, et de bien d'autres choses encore.
Cette chronique du peuple algorkien prendra la forme d'interviews originales, dans le cadre desquelles le journaliste s'engage ici-même à ne pas modifier les propos qu'il recueillera*.


*hors modifications, améliorations, inventions et embellissements d'usage.

Zhuitre
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